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Historique par Phillipe Tardieu

 

 

 La carrière de la Botte 1914-1918

 

Cette petite carrière d’extraction de pierre est située dans le bois de la CAVE, sur le territoire de la commune de CANNECTANCOURT. L’exploitation souterraine de la pierre calcaire est antérieure au premier conflit.

Avec la stabilisation du front, cet endroit qui forme un saillant reste dans les premières lignes Allemandes de septembre 1914 jusqu’au repli stratégique de mars 1917. Les premières lignes Françaises sont situées en face, à la ferme de la CARMOYE et prennent la direction de l’Ecouvillon.

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Extrait d’un plan directeur Français de l’année 1916

Les tranchées Allemandes sont représentées en bleue et les Françaises en rouge
Le cercle vert indique l’emplacement de la carrière de la botte et son réseau de galeries.

 

 

La 15ième division d’infanterie de Landwehr Allemande tient le secteur de la rive droite de l’Oise compris entre PIMPREZ et THIESCOURT de la fin 1914 à mars 1917. C’est l’une de ses unités le 53ième Régiment d’Infanterie de Landwehr (Equivalent à notre infanterie territoriale Française.) qui occupe la position de la carrière de la Botte. Elle baptise l’endroit extérieur Kesselstellung (position de la cuvette). C’est probablement une extraction à ciel ouvert ou un effondrement d’une partie du plafond qui a créée cette cuvette.

 

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  Collection et traduction Philippe Tardieu
La position de la cuvette devant la ferme de la CARMOYE 1916

 

 Extrait de l’historique du Landwehr Infanterie Régiment 53

Au mois de mai 1916 le régiment subissait de lourdes pertes en hommes dans la tranchée d’accès à la position la plus avancée. Le nouveau commandant du régiment, le colonel VON MELLETHIN prenait la décision de faire creuser une galerie souterraine pour couvrir le chemin d’accès.
Ces travaux furent réalisés par les mineurs, pour l’habileté de la profession et le temps d’exécution relativement plus court. Nous supposions que l’ennemi en face de la position de la cuvette creusait une galerie, c’est pourquoi le poste d’écoute fut aménagé.
Le lieutenant KRAUSE fut chargé de la construction d’une contre galerie. Plus tard, on mettait en place, dans celle-ci,  un expert de la compagnie de mineurs, pour bien ausculter, que les travaux de mine ennemie étaient encore éloignés de 80-100 mètres de la cuvette et que les Français construisaient probablement une galerie de défense.
Un commando de 96 mineurs fût composé pour la réalisation de ce travail souterrain.
L’ennemi ralentit son travail de galerie de mine.
Le combat de mine souterraine n’a réellement pas eu lieu à cet endroit.

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Construction d’une galerie par les pionniers du 53ème Landwehr, les déblais sont remontés à l’aide d’un caisson monté sur roulettes qui est actionné par un treuil.

 

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Photographie datée de 1916 de la position de la cuvette
Soldats de la 7ième compagnie du L.I.R. 53

Nous pouvons encore voir le bas-relief sculpté dans la pierre, représentant un buste d’homme en redingote, visible à droite sur cette vue.

 

La crainte d’une attaque à la mine souterraine règne réciproquement du coté Français.

Extrait du journal de marche de la compagnie M/7T du génie

Le 15 septembre 1916 :

Le capitaine QUILLET commandant la compagnie M/7T dans le secteur du BOIS SAINT-MARD se rend dans le secteur de la 87ième division territoriale, sur la rive droite de l’OISE,  dans le Centre de Résistance de la CARMOYE afin de contrôler les allégations d’un déserteur qui a révélé que les Allemands auraient entrepris des travaux de mine aux abords de la ferme de la CARMOYE
Il est accompagné par le commandant du génie de la 87ième division territoriale et il rend compte, qu’il est à peu prés certain que les Allemands ont dû couvrir de galeries défensives le saillant de leur ligne devant la ferme de la CARMOYE. 
Mais qu’il est très peu probable que leurs galeries aient été prolongées offensivement devant la ferme.
Il n’y avait pas lieu d’envoyer d’écouteurs spéciaux de la compagnie M/7T. Les appareils stéthoscopiques installés dans un puits étaient suffisants et ne signalaient d’ailleurs rien d’anormal.

Interrogatoire du déserteur Karl OPPENLAUDER soldat Wurtembergeois de la 10ième compagnie du 53ième Landwher

Circonstances de la désertion :

OPPENLAUDER a été fréquemment puni. Il se plaint des mauvais procédés de ses supérieurs et de ses camarades et garde à leur égard un sentiment de rancune. Quant il fut mené sur le terrain, il montra spontanément l’abri du lieutenant SCHMIDT, son officier de peloton. Il se voit refuser ces jours derniers une permission en raison de sa mauvaise conduite et se décide à déserter. Le 1er septembre au soir, il quitte son poste à la pointe de LA CARMOYE et va se cacher dans le petit bois qui se trouve à l’Est de la tranchée BORDET, entre les lignes Françaises et les lignes Allemandes. Il y passe la nuit et se dirige le matin suivant sur les tranchées Françaises.
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Le déserteur Karl OPPENLAUDER devant le château de CAMBRONNE-LES-RIBECOURT.

 

 

 

Emplacements de la compagnie :

La 10ième compagnie occupe environ 400 mètres de front à la pointe de LA CARMOYE. Une section de la compagnie (40 à 50 hommes) se trouve dans l’abri carrière à la pointe du bois bouleversé par les minenwerfer. Ces abris ont été renforcés avec des boisements et divisés en 4 compartiments, 3 ouvertures donnent accès à un couloir qui longe les compartiments, permettant ainsi de communiquer sans sortir au dehors.
Une autre partie de la compagnie se trouve dans l’autre carrière. Le lieutenant, commandant la compagnie a son poste de commandement dans un abri de 10 mètres de profondeur, situé le long d’un boyau.
L’officier de peloton du déserteur se trouve dans un abri bien visible (un monticule blanc aplati, prés d’un arbre ou est resté accroché un parachute de fusée).
Une compagnie dite de réserve se trouve dans la champignonnière, prés de la route de THIESCOURT.
Le matériel et les munitions sont emmagasinés dans les carrières et les champignonnières.
Les déclarations fournis par le déserteur sur l’emplacement et les dimensions des carrières se trouvent confirmées par des déclarations faites précédemment par les gens du pays.

Service dans les tranchées :

Le service de surveillance est assuré par des guetteurs, un homme tous les 70 mètres environ dans le jour. La nuit, on met une sentinelle double à la pointe du bois de LA CARMOYE et on fait occuper 2 postes d’écoute avancés.
Des patrouilles sont faites 2 à 3 fois par semaine, par des hommes spéciaux, l’itinéraire serait toujours le même, les hommes se glisseraient dans les grandes herbes et entre les arbres au Sud et en bordure de la route de l’ECOUVILLON qui rejoint celle de THIESCOURT . Les hommes avancent jusqu’aux fils de fer Français et patrouillent dans le petit bois ou s’est caché le déserteur.
Ils partent vers 16 heures et rentrent à la nuit.
La cuisine se fait à CANNECTANCOURT dans des marmites et des voitures apportent la nourriture au point fixé. On ne se sert pas de cuisine roulante. Les hommes qui vont chercher la soupe se rendent à ce point par un boyau. La distribution s’y fait 3 fois par jour, à 6 heures, 12 heures 30 et 18 heures (heure Allemande).

Relève :

La relève se fait tous les quatorze jours entre 5 et 6 heures du matin, la dernière relève a eu lieu le 28 août. Les hommes se rendent à la pointe de LA CARMOYE et en sortent par la route, direction CANNECTANCOURT.
Le 53ième Landwehr a constamment un bataillon en 1ère ligne (4 compagnies) qui occupe les tranchées depuis la chapelle SAINT-ALBIN jusqu’à ATTICHES, un bataillon est en réserve à ORVAL, dans des baraques à la lisière NORD du bois de LA CAVE et dans la champignonnière, un bataillon est au repos à VAUCHELLES.
Le colonel MELLENDIN, commandant le régiment est à ORVAL , probablement dans une des maisons au NORD du croisement des routes.

Organisation défensive :

Ligne de chevaux de frise à 100 mètres de la tranchée, réseau large de 40 mètres au bord de la tranchée. Une mitrailleuse se trouve dans un abri positionné en 93.50 sur le canevas de tir. Des abris de mitrailleuses sont construits à droite et à gauche de la route de THIESCOURT à RIBECOURT en 94.50 mais ne contiennent pas de mitrailleuses. Les mitrailleuses de la pointe de LA CARMOYE sont rentrées dans les carrières pendant le jour et ne sont mises en position que pendant la nuit. Les tranchées à l’Est de la pointe de LA CARMOYE et à la lisière Sud du bois de LA CAVE ne sont pas occupées.
L’opinion du déserteur est qu’un coup de main sur la pointe de LA CARMOYE et même sur les postes d’écoute avancés ne présenterait aucune chance de succès. Les réseaux de fil de fer sont trop formidables. Le meilleur moyen, d’après lui, pour faire un prisonnier, serait de tendre une embuscade aux patrouilleurs spéciaux qui suivent l’itinéraire indiqué plus haut.
Le déserteur prétend que notre tir est toujours trop long, lorsque nous tirons sur la pointe de LA CARMOYE.

Galerie de mine sous la ferme de LA CARMOYE :

Le déserteur signale une galerie de mine allant jusque sous LA CARMOYE.
L’entrée de la galerie est situé au point 94-49,5. Cette galerie commence par une pente très inclinée qui descend à une profondeur de 40 mètres. (Confirmé par les écouteurs) Elle avance ensuite horizontalement. Elle a 1 mètre de large sur 1,50 mètre de haut et aboutit à 2 ou 3 ramifications et à des chambres très grandes.
L’ouvrage était arrivé, il y a 8 jours, à une trentaine de mètres de la ferme. Il était question de ne pas aller plus loin, il est possible néanmoins qu’on se décide à pousser la galerie jusque sous la ferme même.
Cette hypothèse a été confirmée par les écouteurs du génie.
La galerie creusée au moyen de perforatrices électriques. Le courant électrique est fourni par l’usine de NOYON. Au début, les pionniers travaillèrent dans le rocher, ils rencontrèrent ensuite une couche de sable, dans laquelle, ils creusèrent la partie horizontale de la galerie. Les déblais sont emportés par un Decauville de 0,40 mètre ou 0,50 mètre (Petite voie ferrée étroite) et ils sont jetés dans le pli de terrain entre la route de THIESCOURT et le bois de LA CAVE. Les 2 ou 3 chambres déjà construites à une trentaine de mètres de la ferme, seraient chargées. L’explosif est renfermé dans des boites en fer blanc carrées de 0,40 mètre sur 0,40 mètre environ.
Cette galerie fut d’abord destinée à être une contre-mine. Entendant des explosions vers la ferme de LA CARMOYE, ils s’imaginèrent que nous voulions miner leurs tranchées. (Le génie a en effet fait sauter des charges d’explosifs, il y a 3 mois environ, dans le puits de LA CARMOYE). Ils creusèrent une contre-mine, constatèrent que nous ne faisions aucun travail analogue de notre coté, ils se décidèrent à continuer leur galerie, ainsi amorcée, jusqu’à la ferme de LA CARMOYE.
L’intention des Allemands serait maintenant de faire sauter LA CARMOYE, en cas d’attaque de notre part.

A partir de décembre 1916 la 53ième division d’infanterie Française remplace la 87ième division territoriale.

En mars 1917, le bruit d’un prochain repli Allemand circule. Pour vérifier les déclarations des prisonniers et des civils de la zone envahie, rentrés en FRANCE par la SUISSE, des coups de main sont ordonnés.
Le 7 mars, à 17h.45, après une préparation copieuse d’artillerie, environ 6000 obus, un groupe de 75 hommes du 319ième  régiment d’infanterie, commandés par les sous-lieutenants Glatigny, Manie et de Careilh s’élance à l’assaut du saillant de l’Etrave, surnommé « la Botte », en face de la ferme de la CARMOYE. Le groupe de Careilh pénètre dans les tranchées Allemandes par la brèche El Aïoun, le détachement Manie par la brèche Matifou, l’un allant vers le Nord, l’autre vers l’Est.
Dans un abri, trois Allemands se rendent au groupe de Careilh. Mais à peine sont-ils fait prisonniers qu’un obus de 75, tiré trop court tombe prés d’eux et les tue ainsi que deux des nôtres, en outre trois Français sont blessés.
Les détachements du 319ième R.I. explorent tout le saillant de l’Etrave et font sauter une galerie souterraine ou des Allemands refusaient de se rendre. Les Allemands ripostent faiblement et leurs obus explosent au petit bonheur. A 18 heures17, tout le détachement rentre dans nos lignes, ramenant ses tués et ses blessés ainsi que du matériel. Le maigre résultat de ce coup de main était chèrement payé ; il coûtait au 319ième R.I. trois tués et cinq blessés.

 

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Observation de la ligne ennemie par des hommes du 319ème R.I

 

 

 

 

 

 

Compte-rendu du sous-lieutenant GLATIGNY commandant le groupe franc du 319ième R.I. concernant la reconnaissance effectuée dans les lignes Allemandes dans la soirée du 7 mars 1917

Sortie du détachement de reconnaissance sous le commandement du sergent BECHET
(8 hommes) le groupe est arrivé au réseau Allemand avec le tir de barrage Français à
A 17 heures 41 : il a trouvé une large brèche, laissant un passage très faible d’une vingtaine de mètres entre la corne Sud-Ouest et la carrière. Un réseau de barbelé (genre brun) résistant encore, fut cisaillé, pour laisser libre passage aux autres détachements.
A 17 heures 45 : Sortie des 2 sections.
1ière section MANNIE, par la brèche El-Aïoun
2ième section DE CAREILH, par la brèche Marifou
Marche rapide et sans précipitation, le détachement a franchi le réseau Allemand. Chaque groupe a gagné l’emplacement désigné. Trois cents coups de fusils ont été tirés par les Allemands, aucun obus.
J’ai remarqué l’épaisseur du réseau Allemand devant tout le front (13 mètres au minimum)
Premièrement, section de gauche (Lieutenant DE CAREILH)
L’abri signalé en 93-47 était insignifiant et inoccupé. Un petit poste reliant autrefois la tranchée de première ligne à la route était complètement obstrué par des réseaux.
1°/ Le groupe (un caporal et 4 hommes) envoyé en h (voir croquis ci-dessous) a trouvé également une tranchée obstruée par des chevaux de frise.
2°/ Le groupe (un caporal et 4 hommes) envoyé en i a trouvé également une tranchée obstruée par des chevaux de frise.
Les deux groupes se sont rejoints pour fouillés l’abri c qu’ils ont trouvé inoccupé. Ils ont ramassé un accordéon et divers objets.
3°/ Le groupe (sous-lieutenant DE CAREILH et 8 hommes) est arrivé dans la tranchée de l’ECOUVILLON en face du petit poste g il a été entendu du bruit dans ce petit poste. Le soldat JOUVE y a pénétré et a reçu un coup de feu, après plusieurs sommations, une grenade OF a été lancée, après l’éclatement, un Allemand est sorti et après avoir essayé de se défendre, s’est rendu. Le soldat BEQUET a été désigné pour le ramener dans nos lignes. A 6 mètres de là, un de nos hommes, voyant arrivé l’Allemand, le prenant pour un fuyard, lui a logé une balle dans la tête. Bien que mort, on l’a ramassé à une cinquantaine de mètres plus loin, vers nos lignes. Mais, à ce moment, nous avons eu 2 tués et 3 blessés par un obus de 75mm, on a abandonné l’Allemand, après l’avoir complètement dépouillé, pour ramener les nôtres.

Observations :

En j une entrée d’abri a été reconnue, d’où se dégageait une fumée intense, il était impossible d’y pénétrer.
En g le soldat JOUVE a trouvé un petit poste de 5 mètres de profondeur et souterrain.
En x le sergent GRENTARD a trouvé un abri inoccupé, contenant 25 couchettes et qui offrait tous les signes d’une évacuation récente (poêle allumé).
Deuxièmement, la section de droite du sous-lieutenant MANNIE :
La tranchée et les boyaux de premières lignes ont été trouvés comblés de place en place par des chevaux de frise.

1°/ Le groupe (sous-lieutenant MANNIE, sergent GUIGNET et 10 hommes, dont 2 sapeurs) a pénétré dans la carrière. La profondeur de la carrière varie entre 6 et 8 mètres. Deux détachements se sont constitués, correspondant aux 2 entrées de l’abri, l’une en p et l’autre en q. L’entrée p était un simple corridor sans aucune communication apparente avec l’intérieur de la carrière. L’entrée q était fermée par des chevaux de frise, le sergent GUIGNET et un homme y ont pénétré, les galeries à droite étaient complètement obstruées par des chevaux de frise. Une fumée épaisse venant du fond de la carrière a obligé le sergent GUIGNET a évacuer l’entrée, après avoir toutefois lancé des grenades incendiaires. Un trou d’air solidement protégé par des piquets et un fort grillage a été aperçu au milieu de la carrière, en o. Cette protection a été démolie à coups de hache, une lumière est vue au fond du trou, voyant l’impossibilité de pénétrer dans la carrière, le sous-lieutenant MANNIE a décidé de la faire sauter, une charge de 15 kilogrammes de cheddite préalablement amorcée a été lancée dans la cheminée par les sapeurs PICARD et COSTRIL. Une violente détonation et un éboulement important s’est produit, des gémissements furent perçus, une fumée intense se dégagea par les trous d’aération indiqués sur le croquis (s x et u.). Ce qui fait supposer que la garnison évaluée au moins à 25 hommes est réfugiée dans cet abri, elle a été enfouie ou asphyxiée.
2°/Le groupe (caporaux DONAT et LYS et leurs hommes) comme il en avait reçu la mission se porte en z à la corne Sud-est, il trouve un abri de guetteur et à proximité de cet abri un couloir souterrain. Au moment où nos hommes arrivèrent, un Allemand abandonne son poste et se précipite dans le couloir. Le caporal DONAT le poursuit et arrive à l’instant où l’Allemand s’échappe par une porte blindée, après avoir appuyé sur un timbre électrique, le coup de crosse destiné à l’Allemand brise le timbre. Trois coups de fusils sont tirés à travers un créneau pratiqué dans cette porte et un jet de fumée intense oblige le caporal DONAT à se retirer.

3°/ Groupe du caporal SANTHON et 8 hommes, le groupe se trouve à l’abri supposé en f qui n’est qu’une cheminée d’aération. Le caporal SANTHON a constaté que la tranchée face à l’Est était obstruée par des chevaux de frise.
A 17 heures 20, le sous-lieutenant MANNIE, estimant sa mission terminée, fit replier son groupe. Le caporal SANTHON se repliant par la gauche rencontre le soldat BUCASSE qui lui annonce que des Allemands réfugiés dans un abri refusent de se rendre en h immédiatement une partie du groupe du sous-lieutenant MANNIE s’ajoutant au groupe du sous-lieutenant DE CAREILH vont cerner l’abri. La situation se présente de la façon suivante :
Les soldats BUGASSE LAKONAL LOITHON lieutenants MARTIN, LAHAYE, METIN et le sapeur BISSON sont au Nord de l’abri en h pour couper la retraite aux Allemands. Les autres hommes prévenus se précipitent dans l’abri, trois Allemands sortent et se rendent. Au même moment, un obus de 75mm tiré trop court tue les soldats BUGASSE et LAKONAL et blesse les lieutenants MARTIN , LAHAYE et METIN  et très légèrement le sapeur BARON. Le même obus tue les 3 Allemands, le reste du groupe arrive à la rescousse, aperçoit quelques Allemands fuyants à travers la plaine, malgré notre tir de barrage, l’abri reste vide. Pendant ce temps, le caporal BONAT, qui s’était posté un peu plus à droite, aperçoit dans le réseau un cadavre qu’il fouille et sur lequel il trouve un portefeuille.
A 17 heures 37, les groupes ayant exploré tous les boyaux et abris, dont l’accès était possible, le signal du départ est donné. L’un des tués et les blessés furent ramenés, le soldat LAKONAL étant complètement déchiqueté, il fut impossible de le ramener.
A 17 heures 44, tous les hommes avaient évacué LA  BOTTE.
Observations générales :
La partie de LA BOTTE explorée par nous, semblait avoir comme garnison une quarantaine d’hommes, en effet, l’abri e. semblait pouvoir contenir une vingtaine d’hommes et l’abri x visité par le sergent GAMITARD comportait 25 couchettes. Il est vraisemblable que l’abri p et q était déjà occupé et qu’au moment du bombardement toute la garnison s’y est réfugiée. On a remarqué également que les postes de guetteurs étaient à proximité immédiates des abris.
Le travail exécuté par nos hommes n’a été contrarié en aucune façon par le tir de l’artillerie ennemie sur l’infanterie. Le retour s’est également effectué sans incident.
Un matériel important a été ramassé. Le sous-lieutenant GLATIGNY demande s’il est possible que les trophées soient rendus aux hommes qui les ont pris.

 

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Croquis légendé des différents points visités par le groupe franc du 319ème R.I.

 

Récit Allemand sur la journée du 7 mars, d’après l’historique du Landwher infanterie régiment 53

Le 7 mars, un violent feu d’artillerie ennemie s’abattit vers 6h.15 de l’après-midi sur tout le régiment en ligne, bombardement qui devint, pendant un certain temps, un feu roulant.
En même temps que l’ennemi s’élance, nos positions de batterie subissent un tir de gros calibres et d’obus à gaz. A 6 heure 20 du soir, les Français lancent des jets de flammes simultanément avec des grenades à phosphore sur différentes places des premières lignes. Les fractions, conformément aux ordres, commencent aussitôt à se retirer vers l’arrière, s’étant établies dans la caverne II.
Elles se retirent sous le feu des liquides enflammés, dans les galeries arrière et revinrent plus tard en chassant l’ennemi de la caverne II. La défense s’organise à environ 15 mètres de la sortie, prés d’un dépôt de grenades. L’ennemi pénétra seulement dans l’abri, mais ne continua pas plus loin.
La défense se retira en arrière dans les galeries. Seul le soldat Aldenkott ne pu suivre. Les tranchées et l’entrée étant comblée. Les camarades voulurent le sauver, mais ils furent accueillis à coups de grenades par l’ennemi.
Lorsque le tir d’artillerie cessa, ils attaquèrent encore une fois, sous la conduite du lieutenant Hanen, mais l’ennemi avait déjà évacué la position.
Le soldat Aldenkott ne fut jamais plus retrouvé. Il s’était certainement bien défendu, car on trouva à son poste un casque Français brisé et un ceinturon Français déchiré.
Par ordre, le régiment dû quitter la position et occuper la position Riegelstellung qui devint principale position de combat. Les galeries furent bouchées.

 

 

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Photographie Allemande prise en direction de la ferme de la Carmoye 1916

 

Le 18 mars 1917 les Allemands effectuent leur repli stratégique pour s’établir sur la ligne LAON-ARRAS. Ils quittent le secteur de la Botte et abandonnent le travail colossal entrepris.
Ce réseau souterrain rend cette position remarquable. Elle fut visitée et étudiée par le génie Français.

Les galeries souterraines sont pourvues de nombreuses sorties, elles permettent d’effectuer à l’abri les relèves en hommes, d’acheminer par voie ferrée de 0,60 centimètre le matériel nécessaire à la fortification et à la réalisation d’abris bétonnés pour mitrailleuses et d’observatoires de la première ligne.

Les Français sont contraints d’occuper cette position lors de l’offensive Allemande de mars 1918. Des renseignements sommaires sont fournis, les souterrains sont très vastes, aménagés, puis en partie ruinés par l’ennemi, lors du repli. La restauration parait aisée.

Une mesure de sécurité est prise pour les carrières souterraines de la région, concernant les bombardements par obus toxiques.

En 1918 : 1 obus sur 3 est toxique.

Rapport du chef de bataillon Brouillard, commandant le génie de la 53ième D.I.

La note du 2 mai 1918 prescrit :

  1. de faire rechercher et réaliser le plus rapidement possible des cheminements propres à assurer sous les bombardements, l’accès et la sortie des carrières.
  2. d’étudier les mesures de protections contre les bombardements par obus toxiques (cloisonnements, doubles portes sas) et d’en entreprendre la réalisation.
  3. de faire rechercher et au besoin ouvrir en les déblayant des issues de secours, de manière à assurer les mouvements d’entrée et de sortie.

 

Carrière de la Botte : Petite carrière située au Sud de la Botte d’où part une galerie ayant de nombreuses ramifications et sorties dans les tranchées et boyaux. L’accès en sera donc facile en toutes circonstances.
Pour la protection contre les gaz, il suffira de fermer par des murs avec doubles portes formant sas, les deux entrées de la carrière et de munir de panneaux de toile les sorties

Nous pouvons encore voir dans la galerie les restes de moellons scellés enduits qui recevaient les châssis de ces doubles portes formant sas.
La carrière de la botte fait partie de la liste des carrières susceptibles d’être utilisées dans le secteur de la 53ième division d’infanterie.

 

Rapport envoyé à la 53ième division d’infanterie

La contenance possible pour habitation est de 2 compagnies et la contenance maximum pour y mettre des réserves pendant quelques heures est de 4 compagnies. La carrière peut résister à des bombardements d’obus de calibres 210 millimètres, elle est solide et elle sort vers l’avant par des galeries souterraines passant sous la route. Elle est commode pour faire déboucher des réserves.

 

Bois de la Carmoye en 1917
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Les allemands occupent de nouveau cette position lors de leur dernière offensive de juin 1918.
L’offensive Française d’août 1918, libére définitivement ce secteur.